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La Wolf Moon : quand les esprits errent avec les loups

  • Photo du rédacteur: mheurtevin
    mheurtevin
  • 2 janv.
  • 4 min de lecture

En janvier, l’hiver atteint son point le plus rude. Les nuits sont longues, le froid s’installe durablement, et le silence semble plus dense qu’à toute autre période de l’année.


C’est dans ce contexte qu’apparaît la Wolf Moon, ou Lune du Loup.

 

Qu’est-ce que la Wolf Moon ?


La Wolf Moon est le nom donné à la pleine lune de janvier, traditionnellement associée au cœur de l’hiver, au folklore des loups et aux croyances liées à l’errance et aux mondes invisibles.


En 2026, la Wolf Moon, la première pleine lune de l’année, aura lieu le samedi 3 janvier. Elle ne présente pas de particularité physique spécifique, mais sa position au cœur de l’hiver lui confère une portée symbolique particulière.


Le nom Wolf Moon ne vient pas de l’astrologie moderne, mais des noms traditionnels attribués aux pleines lunes dans différentes cultures, notamment en Amérique du Nord.

Ces appellations saisonnières ont été consignées dès les XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles dans des almanachs agricoles, avant d’être reprises par les astronomes contemporains comme repères culturels.


Selon les sources historiques, la Wolf Moon ferait référence aux loups affamés que l’on entendait hurler autour des villages en plein cœur de l’hiver. Janvier était une période de pénurie : la chasse y était difficile, les ressources rares, et les animaux s’approchaient davantage des habitations humaines.

Ce cadre a durablement associé cette pleine lune non pas à un danger immédiat, mais à une attention accrue portée à ce qui permet de tenir durant l’hiver.


Photo : Wolf in the snow  © Brian Gratwicke  — Source : Wikimedia Commons Licence CC BY 2.0
Photo : Wolf in the snow  © Brian Gratwicke — Source : Wikimedia Commons Licence CC BY 2.0


Première pleine lune de l’année, la Wolf Moon est également liée aux notions de passage et de continuité. Elle occupe donc une place importante dans les traditions hivernales, marquant l’entrée dans la partie la plus rude de l’hiver. Dans certaines traditions contemporaines, elle est ainsi perçue comme un moment propice au recentrage, à la protection et à une forme de créativité intérieure, en résonance avec le ralentissement qui suit les fêtes de fin d’année.


Mais au-delà de ces usages récents, la Wolf Moon conserve surtout une dimension plus ancienne et plus diffuse : celle d’un temps où l’hiver rend le monde plus perméable, et où l’attention devient une nécessité.


📜 La légende de la Wolf Moon


Dans la tradition des Ojibwés (Anishinaabe), peuple autochtone d’Amérique du Nord, la pleine lune de janvier est appelée Ma’iingan-giizis (Lune du Loup).


Photo : Metropolitan Museum of Art — Source:  Wikimedia Commons (domaine public, CC0)
Photo : Metropolitan Museum of Art — Source: Wikimedia Commons (domaine public, CC0)

On raconte que le loup et l’Homme auraient été créés ensemble et partageaient à l’origine le même chemin, avant d’être séparés pour parcourir le monde chacun de son côté. Mais leur destin est resté lié.


Alors quand au cœur de l’hiver, les loups s’approchaient des campements humains et que leurs hurlements résonnaient sous la pleine lune, ces cris n’étaient pas perçus comme une menace, mais comme un rappel : celui de la fragilité de la vie et du lien entre les vivants, les animaux et les esprits.


La Wolf Moon marquait ainsi un temps de vigilance et de mémoire, où l’on considérait que certaines présences (humaines ou non) pouvaient se faire plus proches dans le silence hivernal.

 

Loups, hiver et frontières fragiles


Dans de nombreuses traditions européennes et nordiques, le loup n’est pas seulement un animal, mais une figure symbolique chargée d’ambiguïté, associée aux marges et aux seuils.

L’hiver renforce cette symbolique : quand la nature semble figée, les frontières deviennent floues. La Wolf Moon incarne la peur feutrée, ancienne, liée à la nuit, à la faim, à l’attente. Elle n’annonce pas un événement. Elle suggère une présence.


Photo : Trees photographed with handheld ICM  © W.carter — Source : Wikimedia Commons — Licence CC BY-SA 4.0
Photo : Trees photographed with handheld ICM  © W.carter — Source : Wikimedia Commons — Licence CC BY-SA 4.0

Dans l’imaginaire ancien, le rapprochement des loups et l’idée d’une présence accrue des esprits participent d’un même climat symbolique, propre aux longues nuits d’hiver, notamment dans le folklore européen. Les longues nuits hivernales étaient vues comme des périodes où les âmes sans repos pouvaient errer plus librement (voir les deux derniers articles du blog).

 

Observer la Wolf Moon autrement


Regarder la pleine lune de janvier, c’est se souvenir que nos ancêtres ne la voyaient pas comme un simple objet céleste. Elle était un repère, un signal, parfois une inquiétude.


La Wolf Moon n’est pas une lune pour demander davantage, mais pour protéger ce qui permet de continuer. Elle invite à renforcer ses fondations plutôt qu’à chercher une expansion immédiate.


Dans le silence de janvier, la Wolf Moon rappelle surtout une chose : certaines périodes ne demandent pas d’agir davantage, mais de prêter attention à ce qui persiste.


Alors si tu observes la Wolf Moon cette année, prends un moment pour noter ce qu’elle t’évoque : un mot, une sensation ou une image. Ce sont souvent ces impressions discrètes qui en disent le plus long.



 

Sources et références

 
 
 

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